

Septembre 2025 : plusieurs signalements indiquent que les algues vertes filamenteuses (aussi appelées lige), normalement déjà présentes sur le bassin, semblent depuis peu proliférer de facon anormale.
Fin août 2025, l'un de nos adhérents nous signalait ces algues vertes en quantité et en décomposition (forte odeur) du côté de l’aérium et de saint Brice…

Il nous a aussi envoyé des photos du réservoir d'eau salée de Saint Brice, prises durant la 1ere décade de juillet, totalement envahie d’algues, entraînant le phénomène d’eutrophisation du milieu.


Merci à Jean-Francois !
Auparavant, suite à l'article sur les algues vertes filamenteuses paru dans la Dépêche du Bassin (no 1516 du 3 juillet 2025), les Amis du Littoral avaient déjà, en juillet, co-signé avec le PALCF (Protection et Aménagement de Lège-Cap-Ferret), une lettre au Parc Naturel Marin du bassin d'Arcachon, afin de leur demander de lancer une étude sur ce sujet.
A l'attention de messieurs Cédric PAIN / Président et Franck MAZEAS / Directeur Délégué.
Messieurs, J'ai participé le 25 juin dernier, comme représentant de l'association PALCF, à la réunion du Conseil de Gestion du Parc Marin. A cette occasion, j'ai évoqué la prolifération d'algues vertes filamenteuse à la surface du Bassin et plus particulièrement leur agrégation en nappes flottantes et dérivantes. J'ai déjà évoqué ce sujet par le passé au sein du Conseil de Gestion mais, sauf erreur de ma part, c'est la première fois, dans l'actualité récente, que des pêcheurs de loisir se plaignent de la gêne occasionnée. La brève discussion qui a suivi mon intervention du 25/06 a mis en évidence que de telles proliférations ont déjà été observées dans le passé sur le Bassin (phénomènes localement appelés "Lige" ou "Chou"). Elles ont d'ailleurs fait l'objet d'une étude pilotée par l'Ifremer en 1994 (Etude de la prolifération des algues vertes dans le Bassin d'Arcachon). Cette étude, largement documentée, portait cependant sur une seule espèce (Monostroma obscurum) et ne permettait pas d'évaluer l'évolution de la situation dans la durée, notamment en termes quantitatifs.
En conclusion de cette discussion au cours du Conseil de Gestion, vous avez reconnu le défaut de connaissance récente sur le phénomène mais que, dans l'immédiat, vous attendiez davantage de signalements issus du "terrain" avant d'envisager toute action concrète.
Compte tenu de votre déclaration, je suis surpris, mais favorablement, par le contenu de l'article sur le sujet paru dans le dernier numéro (N°1516 - du 3 au 9/07/2025) du journal La Dépêche du Bassin. Cet article "Le développement des algues vertes préoccupe les scientifiques" souligne que le Parc Marin est en pleine acquisition de connaissance sur le sujet. On ne peut que s'en féliciter même si, sauf erreur de ma part, cette activité n'apparaît pas clairement dans le plan d'actions du Parc Marin... Je me permets cependant de revenir aujourd'hui vers vous pour évoquer à nouveau ce problème car, à mon grand regret, la situation évolue et empire très vite :
En résumé, la prolifération des algues vertes filamenteuses sur le Bassin semble s'amplifier ce qui rend nécessaire la mise en place rapide, par le Parc Marin, d'une étude et d'un plan d'action approprié. En attendant, nos associations restent vigilantes et nous vous informerons sans délai de toute nouvelle observation.
Cette démarche nous paraît légitime, compte tenu de l'importance des enjeux environnementaux et financiers pour l'ensemble de notre Bassin. Avec Jean MAZODIER (Président de PALCF), les associations Les Amis du Littoral Nord Bassin d'Arcachon et ASPLCF, qui s'associent à cette demande, nous espérons qu'elle pourra être prise en compte et nous vous prions d'agréer, messieurs, l'expression de nos cordiales salutations.
Philippe LEMERCIER / Vice-Pdt de PALCF
avec
Jean MAZODIER / Pdt de PALCF
Olivier GAUTIER / Vice-Pdt "Les Amis du Littoral Nord Bassin d'Arcachon "
J.M. BRUNO / Pdt ASPLCF
Ci-dessous la réponse du Parc Naturel Marin du Bassin d'Arcachon
Votre constat est partagé par le PNM BA.
Bien que non indiqué sur le programme d’action 2025, nous avons engagé des analyses d’ échantillons afin d’identifier les espèces concernées et nous assurer qu’il ne s’agisse pas d’espèce non-indigènes.
Des prélèvements ont été réalisés début juillet sur 12 points du Bassin et ont été envoyés au CEVA.
Les espèces identifiées sont bien locales (Ulva clathrata, Rhizoclonium riparium, Rhizoclonium riparium, Ulva compressa, Ulva rigida (traces), Ulva prolifera)
Comme hypothèses pour expliquer la prolifération, le CEVA propose en première lecture rapide :
- Des flux de nutriments plus importants en fin d’hiver et début de printemps. On aurait effectivement eu un gros pic en décembre 2024 dans la Leyre, mais quand même précoce par rapport au bloom de cette année ;
- Température et ensoleillement plus propices, plus précoces et donc mieux corrélés avec les flux de nutriments (mais il me semble que ce n’est pas ce qu’on a observé en 2024 ou les blooms ont été plus tardifs) ;
- Maintien de spores et fragments d’algues favorisant une succession pluriannuelle de proliférations précoces ;
- Présence de souches plus réceptives pour proliférer, issues d’introduction, de sélection ou de dérive génétique.
Nous poursuivons nos instigations.
Franck MAZEAS
Directeur délégué
Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon


