PRÉS SALÉS :

TRÉSORS NATURELS À PROTÉGER ET À COMPRENDRE

25 avril 2025 à 18h30, par Alexandre Bert et Benoit Fritsch

Les prés salés constituent un habitat d’exception. Ce sont des écosystèmes à végétation rase, influencés par les marées, caractérisés par une stratification végétale, une très forte productivité organique et un statut d’habitat rare et menacé.

Un pré salé, c'est :

  • Une superficie estimée d'environ 10 000 hectares en France métropolitaine, dont 332 hectares pour la RNN 65 d'Arès Lège Cap Ferret (2% de la surface totale du Bassin d’Arcachon).

  • Un écosystème rare : moins de 0,01% de la surface terrestre.

  • Des écotones intertidaux : zones de transition terre/mer.

  • Comparable aux mangroves sous climat tropical. 

Fonctions et rôles écologiques

  • Réservoir de biodiversité.

  • Zone de nourrissage, repos et nurserie pour la faune.

  • Captation massive de carbone.

  • Stabilisation des sols contre l’érosion.

  • Filtration naturelle des effluents et sédiments.

  • Rôle socioculturel : chasse, pêche, élevage, tourisme.

  • Rôle paysager majeur.

L’étagement de la végétation : une adaptation remarquable

La végétation des prés salés s’organise selon un gradient altimétrique naturel, du bas vers le haut du schorre :

Le schorre bas 

  • Zone la plus fréquemment inondée.

  • Dominée par des plantes très tolérantes au sel, souvent immergées.

  • Présence de salicornes et de spartines.

Le schorre moyen 

  • Inondé seulement lors des grandes marées.

  • Caractérisé par la diversité végétale la plus riche.

  • Espèces typiques : Obione faux-pourpier formant des coussins végétaux denses, et lavandes de mer donnant des floraisons violettes estivales.

 

Le schorre supérieur 

  • Rarement inondé, uniquement lors de très fortes marées.
  • Présence d’espèces tolérant sécheresse et salinité fluctuante.
  • Exemples : tamaris, arbustes stabilisateurs, diverses plantes halophiles arbustives.
À retenir : Ce gradient est essentiel car il permet l’expression complète des fonctions écologiques (nurserie, puits de carbone, stabilisation des sols) et favorise une forte biodiversité.

Quelques espèces végétales emblématiques des prés salés

Tamaris : arbuste halophile, floraison précoce, stabilisateur de digues

Lavandes de mer : plantes vivaces aux fleurs violettes.

Obione faux-pourpier : plante comestible, abri faunique majeur.

Salicornes : plantes sodium-dépendantes, comestibles.

Rôle pour la faune

Faune benthique

Arénicole : jusqu’à 50% de la biomasse vasière.

Crabe vert : plus de 400 tonnes prélevées/an mais espèce non en danger

Hydrobies : 10 400 individus/m²

Oiseaux

Bernache cravant : hivernage massif dans le Bassin d’Arcachon.

Courlis cendré : grand limicole côtier menacé.

Gorgebleue à miroir blanc : passereau migrateur remarquable.

Poissons

Bar franc : juvéniles utilisent les prés salés comme refuge et nurserie.

Anguille : migration vers la mer des Sargasses pour reproduction unique.

Migrations et prés salés

Les prés salés constituent une zone de halte migratoire clés pour les oiseaux et les poissons. Ils fournissent des zones dégagées visibles à distance, et des ascendants thermiques générés par leur géographie complexe.

En conclusion, les prés salés sont des écosystèmes précieux, aux rôles multiples pour la biodiversité, la protection du littoral, et la captation du carbone. Leur protection est indispensable pour préserver cet équilibre fragile et riche en services écosystémiques.